Témoignages « cheval miroir »

Vous pouvez vivre une séance de cheval miroir sur rendez-vous ou au sein des stages que je mène en collaboration avec l’hypnose ou l’art thérapie.

Les témoignages et vécus repris ci-dessous le sont avec l’accord des personnes concernées.

Témoignage de M.

Cheval miroir…

Je marche dans le pré , où sont trois chevaux tranquilles. Il est question de choisir parmi eux un partenaire pour cette séance. Je dis bonjour à chacun. Je me demande comment choisir, et finalement je suis choisie par l’un d’entre eux, par un mouvement de sa tête pour venir à mon contact. Je découvre à ce moment le besoin que j’ai d’être accueillie .

Un peu plus tard, à l’intérieur du cercle, je laisse résonner en moi la présence de l’animal. Je vais vers lui , je le caresse, puis je m’éloigne. Il revient vers moi, ou pas. Je me sens totalement libre de l’endroit où j’ai envie d’être, tout près, tout contre, au contact de sa chaleur, ou bien un peu plus loin. Lui aussi, parfois, vient vers moi, jusqu’à appuyer son front sur ma poitrine, ou s’éloigne. Il me renvoie la liberté de mouvement que je suis prête à m’accorder.

A un autre moment, m’asseyant sur son dos, je reçois à travers mes jambes le volume énorme de sa chaleur . Un grand corps accueillant , qui ne bouge pas, et s’offre à me porter sans rien demander. Je suis envahie d’une émotion très forte, touchée de l’amour qu’il m’offre.

Et puis, je réalise que je m’offre à lui tout autant, et qu’il s’agit d’un véritable partage.

Cheval miroir, qui éclaire ce que je transporte. Je vais à ma propre rencontre, Merci !

Témoignage d’Isabelle: une séance à trois miroirs

Séance de « cheval-miroir » avec Nathalie, Phoebus, Lipzou et Bryum, 2018.

Isabelle : mon intention est de « trouver le positionnement adapté au contexte et à mon intention, de manière à ce que je le sente juste à l’intérieur, mais aussi qu’il soit ressenti clairement par l’entourage ».

Je me sens habituellement alignée et bien à ma place, que ce soit dans la douceur ou dans l’affirmation ou dans le jeu… mais mon positionnement n’est pas toujours lisible par l’entourage. Je déclenche parfois des projections et ça perturbe la lecture que l’autre peut avoir de moi. Ça envoie des quiproquos pénibles. Voilà ce sur quoi je désire travailler.

Après les consignes de Nathalie, le travail dans le rond commence.

Premier « entourage »: Phoebus. 

Il baisse les oreilles et tente de m’impressionner en prenant physiquement la place et en tirant la gueule (grimaces, petits couinements quand je le touche, oreilles baissées, queue qui fouette). En tout cas, il manifeste une évidente mauvaise volonté de faire ce que je lui demande gentiment d’effectuer.

J’essaye la douceur. Rien.

J’essaye de l’ignorer. Bof.

Finalement, il me faut lui démontrer ma force et ma volonté pour qu’il soit sage, coopératif et… content! Il me suit, de belle humeur, monte sur la planche, marche en serpentine… parfait.

Je suis un peu dépitée. Je connais le fait de m’imposer par la force. C’est ok. J’aurais voulu entrevoir une autre solution face à un macho qui se fout de ma g… euh, de ma demande.

Bon… leçon 1: ce qui est facile pour toi n’est pas nécessairement à rejeter. Avec un entourage qui cherche à prendre le pouvoir en t’impressionnant par la force, fais ce que tu sais faire, impose-toi sans violence mais avec fermeté, voire autorité. Après, adapte-toi à ses changements d’humeur, de plus en plus douce, de plus en plus souriante… Et reprends le dessus d’un regard, ton, geste, s’il fait mine de vouloir reprendre le lead en montrant les dents.

Nathalie : L’intention exprimée par Isabelle me pousse à lui proposer de ne pas s’en tenir à la seule expérience avec Phoebus, mais de réitérer l’exercice avec d’ autres chevaux. Ainsi elle sera confrontée à un panel de caractères différents, et donc à un contexte changeant comme elle l’a demandé.

Deuxième « entourage »: Lipzou.

Isabelle : avec elle, aucun souci, je suis à la fois tranquille, ferme et accueillante et elle réagit parfaitement. Elle franchit le petit obstacle, change d’allure selon les demandes…

Leçon 2: pour un entourage gentil, pas bagarreur, je semble être un point de repère clair.

Nathalie : ayant obtenu la confiance de Lipzou, Isabelle peut finalement lui demander des pas de côté, exercice pas forcément facile qu’elles exécutent ensembles dans une belle harmonie

Troisième « entourage »: Bryum.

Isabelle : la défense de Bryum me prend au dépourvu: il avance dans mes bras, jusqu’au câlin! Il est tellement doux et mignon que je fonds et oublie mes exercices pour le caresser. Nathalie me rappelle les consignes. Il doit trotter en cercle en rasant la barrière (alors qu’il cherche à revenir au centre pour un bisou).

Aaaah! c’est dur pour moi. il le sent et commence à faire le pitre: un pied antérieur sur un tronc… un coup de pied dans un triangle de signalisation… un regard de nounours… je ris et m’émeus.

Puis viens le moment de reprendre son sérieux, et là ça roule, à condition de ne pas descendre la pression. Contrairement à Phoebus, qui change d’attitude quand il accepte la guidance, Bryum ne perd pas son but de vue: plein de câlins et pas de travail!

Leçon 3: c’est mon « cas » le plus dur. Je n’aime pas maintenir une pression en continu pour obliger l’autre à faire un truc qu’il n’a pas envie de faire. Et le jeu malin me plat davantage que le boulot. Il a (presque) réussi son tour!

Nathalie : j’ai proposé à Isabelle un travail avec beaucoup d’action, en mettant les chevaux en mouvement avec des exercices à leur faire réaliser, ce qui correspondait à son intention d’avoir un positionnement clairement ressenti par son entourage. Le changement de chevaux l’a obligée à s’adapter au contexte car ils ont tous les trois des caractères très différents. Pour cela je l’ai aidée avec des conseils techniques sur l’éthologie des chevaux, sur le positionnement dans l’espace par rapport à eux, sur le niveau d’énergie nécessaire en fonction des réponses du cheval, ainsi qu’avec des explications sur la personnalité de mes chevaux distillées au fur et à mesure de ses besoins.

Au bout du compte, les chevaux ont parfaitement répondu, chacun à leur manière, et on trouvé du plaisir à coopérer avec elle.

Témoignage de Marie avec Phoebus

Les trois chevaux partenaires réagissent à la fois avec leur désir de travailler avec l’humain (ce qui n’est pas le cas du chat et trop celui du chien) et à la fois avec leur intuition, leur savoir-faire animal, leur ressenti profond.
Ils se positionnent subtilement « en miroir » de nos processus (réaction émotionnelle, énergie, action, regard, posture, film intérieur réalisé selon nos représentations, projections), ce qui permet de mettre à jour notre propre façon d’être et de réagir, sans masque.
Ils le font tous les trois de façon sincère et selon leur caractère, très différent.

Ici, Phoebus et moi travaillons ensemble.
En tant que dominant, il tente de se positionner au-dessus et révèle par ses mimiques et ses réactions mes propres processus de guide, de leader (mon objectif était de le faire aller dans le rond sans utiliser de longe ni de voix).
En gros, je tente la douceur, il s’en fout et fait son truc sans faire attention à moi, je me montre claire et ferme, il me repousse, puis je suis très ferme et déterminée,voire un peu « bon là, ça suffit tu viens bosser »… et il me suit tout content.
Je reçois ses réactions comme amplifiées, catalysées, grossies au microscope et non parasitées par les mots, ce qui me permet de vivre profondément l’instant, de ressentir et aussi d’analyser plus clairement (en fin d’exercice).
En gros, je désirais tester le lead doux et rond… avec lui ça ne fonctionne pas. Je me suis sentie désemparée un court instant, comme si je n’avais plus d’outil efficace… avant de reprendre mon lead musclé (j’ai été prof pour ados récalcitrants ou non pendant pas mal d’années), à la fois sympa et inflexible. Là, il aime mon lead, remet ses oreilles en avant et obtempère rapidement, visiblement à l’aise.
Ce qui m’a intéressée dans cette séquence improvisée avec Nath, c’est surtout le moment de flottement quand la « douceur ronde » que je voulais tester n’a donné que des battements de cils de sa part. J’ai observé mes émotions et réactions. Intéressant
Avec Bryum et Lipzou, ce sera bien différent. Ils n’ont pas le même caractère…

Finalement, je vis avec le cheval qui travaille des process que je vis au quotidien de façon plus ou moins inconsciente, sauf qu’ici ces process sont mis en évidence, à nus, et dénués d’intentions extérieures (le cheval fait simplement « miroir »).
Insight! Et c’est reparti…
Merci Phoebus

Témoignage de A., participante

Lorsque je suis rentrée dans le rond avec Phoebus, je n’étais pas très à l’aise, d’une part, à cause de ma crainte des chevaux, et d’autre part, de réaliser cette pratique sous vos yeux. Malgré cela, il s’est passé quelque chose avec Phoebus. Un moment, alors que je le brossais, que je lui parlais doucement (pendant qu’il mangeait), je me suis sentie pas bien du tout, les larmes me sont montées (du trop plein). Phoebus a relevé sa tête, et il est venu la coller contre moi, en me poussant légèrement…j’ai trouvé ce moment vraiment chouette, comme s’il me disait « ça va aller!! Ressaisis toi ! »

Plus tard, Phoebus a continué de manger, et Lipzou s’est approchée de moi de l’autre côté d ela barrière. Je lui ai donné une grosse touffe d’herbes, placée sous un plot. Je l’ai longuement caressée, tout en repensant à cette expérience que je venais de faire. On est resté un bon moment comme cela,  et puis, comme si elle en avait marre, tout à coup, elle est partie de son côté.

Je me suis accroupie contre la barrière, et j’ai regardé Phoebus…ce qui m’entourait à cet instant. Mes angoisses sont remontées, cette peur de me sentir de nouveau seule, abandonnée, retrouver mon quotidien, avec son lot de lourds soucis… Lipzou, entre temps avait fait le tour de l’enclos, c’est là, qu’elle s’est postée en face de moi, et n’a plus bougé. Je l’ai appelée plusieurs fois, montré de l’herbe…rien…elle était face à moi immobile et me fixait, et ce, pendant un long moment. J’ai fini par lui dire « c’est à moi de venir, c’est cela? ». Elle ne bougeait pas. Je me suis levée, je suis allée me mettre à côté d’elle, et on est resté toutes les deux ainsi un très long moment. C’était un moment doux, apaisant, réconfortant…un moment magique, l’impression qu’on était connecté.

Ma question était  » Que dois je faire pour m’en sortir? ».

Lipzou m’a répondu  » Accepte que les gens viennent à toi pour t’aider…et toi, vas vers eux. »

Une très belle expérience, un souvenir magique !

Mon vécu avec Y.

Nous parlons avec Y. de son enfance, du fait que son père ne lui a pas donné tout le soutien qu’elle aurait attendu, et que maintenant elle aimerait avoir plus de force masculine en elle pour équilibrer sa très grande sensibilité et avancer avec plus de confiance dans la vie.

Y. rentre dans le rond avec Phoebus, elle lui parle longuement pendant qu’il reste à côté d’elle sans bouger, les yeux mi-clos, manifestement sous son charme. Puis elle le brosse en prenant tout son temps. Ensuite elle manifeste le désir de bouger, je lui dis de se mettre en mouvement, tout simplement, Phoebus la suit, il vient se poster à côté d’elle et ils marchent côte à côte autour du rond, Y. a passé un bras par dessus son dos à hauteur de son garrot, et se laisse soutenir par Phoebus, qui très attentif règle son pas sur le sien, la faisant bénéficier de sa force.

Au bout de deux tours complets il la pousse gentiment et continue de marcher à côté d’elle mais cette fois sans plus vouloir la soutenir, comme s’il voulait lui montrer qu’elle peut très bien le faire seule. Y. perd confiance et rompt le contact.

Phoebus va brouter dans un coin du rond, à son grand désappointement.

Je lui dis d’y croire, elle plonge à l’intérieur d’elle et va chercher ses ressources profondes. Au bout d’un moment, elle se redresse et va vers Phoebus qui la regarde venir, elle passe devant lui et il lui emboîte le pas, puis ensemble ils dansent un pas de deux dans une harmonie très belle, se déplaçant de concert dans le rond pendant un bon moment, tournant alternativement l’un autour de l’autre. C’est très beau à voir, et très émouvant.

Y. laisse couler des larmes de joie, et met ses bras autour du cou de Phoebus pour le remercier de lui avoir prêté sa force, et de lui avoir montré ensuite qu’elle aussi l’a en elle et peut la mobiliser seule, et que ça fonctionne, qu’elle peut entraîner les autres grâce à cela !

Mon vécu avec Roger

Roger est enseignant en maths et vient de rater sa première inspection, au motif qu’il manque par trop d’empathie avec ses élèves. Il s’est mis la barre trop haute pour cette séquence et a perdu les jeunes. Il n’a plus confiance en lui et il est prêt à changer de métier… Il est triste et en colère.

Je lui demande d’identifier ces émotions, et de se relaxer avant la séance, c’est important pour que le cheval ne les reçoive pas ainsi brutes de décoffrage, ce sont des animaux sensibles et il faut faire attention à eux.

Lorsque Roger va mieux, Bryum vient le choisir à la porte du pré.

Ils entrent dans le rond et ils restent ensembles un bon moment sans bouger, s’apprivoisant l’un l’autre. Je vois que Roger parle beaucoup à Bryum, je ne sais pas ce qu’il lui dit, ce n’est pas important car cela n’appartient qu’à eux.

Roger brosse longuement Bryum, puis il se tourne vers moi en me disant qu’il a envie de faire des choses avec lui. Je lui donne quelques techniques pour installer le « join up » : à l’aide d’une chambrière, sorte de long fouet, que je lui apprend à manier avec mesure, comme si c’était un prolongement de son bras et non comme une arme effrayante, il incite Bryum à courir autour du rond, puis lorsque le contact est bien établi il laisse tomber la chambrière et tourne le dos à Bryum qui vient se placer derrière lui, et se met à le suivre partout.

Roger fait preuve d’une grande sensibilité et d’un bon timing (sentir lorsqu’il faut insister ou au contraire lâcher la pression) et Bryum joue le jeu, avec un plaisir manifeste. Ils se déplacent, changent de direction et d’allure, sautent de petits obstacles ensembles, Bryum vissé à Roger comme s’ils ne faisaient qu’un. Roger arbore un grand sourire à la fin de la séance, et me dit après que ça lui a redonné confiance. Je lui dit que tout ce que j’ai vu n’aurait pas été possible sans une grande faculté d’empathie de sa part. Ça le rassure.

L’année d’après il passe son inspection avec succès.