Les histoires du centre de médiation équine Imala 2

Vous découvrirez ici au fil du temps l’histoire du centre Imala, de ses prémices à sa réalisation, avec comme fil conducteur l’amour entre moi et les animaux qui partagent ma vie. Elles sont diffusées chapitre par chapitre, au gré de mes inspirations. Elles sont issues de ma mythologie personnelle, dans laquelle les animaux parlent et ressentent comme nous, même lorsqu’ils ne sont plus de ce monde… Prenez ce qui vous plaît, au gré de vos croyances!

Les randonnées

Imala
Ce que je préférais par dessus tout, c’était les randonnées. Car cela signifiait que pendant tout
une semaine nous n’allions plus nous quitter, que nous formerions un troupeau unique de
cavaliers et chevaux voyageant ensembles comme une harde sauvage. Il y aurait la
distribution de granulés le matin à l’aube, puis l’étape du jour dans des paysages magnifiques,
rythmée par les pique nique après lesquels nos humains s’autorisaient souvent une sieste, nous
laissant libres de brouter autour d’eux sans avoir peur que nous nous sauvions, et pourquoi
l’aurions nous fait, puisque nous étions si heureux à leur côté, dans ces instants où ils
consentaient à arrêter leur course folle d’humains pour adopter le mode de vie des chevaux
bien plantés dans le présent…
Vers la fin de l’après midi, quand les ombres commençaient à s’allonger nous sentions la fin de
l’étape, et notre pas s’accélérait à l’idée excitante de découvrir un nouveau pré et de pouvoir
être dessellés et se rouler par terre pour se gratter délicieusement le dos. J’aurais voulu que ça
dure toujours.Les humains sont bien fous de s’être déconnectés de ces bains de nature et de
lenteur, apportés par le voyage rythmé par notre pas.


Nathalie
Les randonnées à cheval c’était mon oxygène, ce qui me tenait en vie d’une année sur l’autre.
Chaque été, toutes affaires cessantes, je partais une semaine sur les chemins avec ma jument,
accompagnée d’amis cavaliers. Nous choisissions une destination avec de beaux paysages, les
volcans d’Auvergne, les bois profonds de sapins du Livradois-Forez, les douces Combrailles
vallonnées, ou plus loin, les forêts vosgiennes ou l’Allemagne chez Ute, avec un déplacement
en van.
Préparer le tracé sur les cartes d’état major, faire le point sur le matériel, se procurer ce qui
manquait, faisait partie intégrante du plaisir, dans cette minutieuse préparation nous nous
projetions déjà dans le plaisir du voyage.
Puis venait le jour du départ. Dès les premiers pas sur le chemin nous étions projetés dans un
autre espace temps, celui qui se vit au rythme lent des chevaux. Se lever au petit matin tout
neuf, vibrant des chants d’oiseaux pour nourrir nos montures avant le petit déjeuner, vérifier
l’état des tendons de leurs jambes, passer la main sur leur dos pour détecter d’éventuels
échauffements ou crispations pour y remédier à temps, puis après une collation commencer à
les préparer et les seller, et partir, chaque jour pour une destination toute neuve, renouer avec
notre nomadisme originel, et petit à petit vider sa tête de tout l’encombrement produit par la
vie de tous les jours dans cette société… Ne plus avoir en tête que le moment présent, le bruit
du pas du cheval sur le chemin, le paysage qui défile dans un lent apaisement, la bonne faim
qui vous tiraille soudain et pousse à choisir une halte appropriée, faire ensuite une sieste
reconstituante avec le bruit des mâchoires de nos montures qui broutent à proximité…
Partager l’effort en descendant de cheval dans les chemins plus compliqués, et se dérouiller
les jambes en même temps…S’en aller tranquillement vers l’étape du soir désirée plus
ardemment au fur et à mesure de la journée autant par les chevaux que par leurs cavaliers…
Devenir cheval. Tout simplement. Vivre tous ensembles dans une harde sauvage, sans se
soucier des jours qui défilent, laisser éclore sa sensibilité nouvelle, être dehors tout le temps,
sentir plus fort les odeurs, le froid, le chaud, entendre mieux les bruits, se laisser bercer en
selle comme un petit enfant. Les muscles au bout de quelques jours cessaient de faire mal, le
corps s’adaptait, des bouffées de bonheur s’emparaient de nous, et souvent vers le soir des
délires collectifs nous donnaient envie de danser avec nos chevaux, ou nous faisaient pleurer
de rire pour trois fois rien.
Ah, vivre toujours comme cela…
Mais il fallait pourtant redescendre, arrêter le voyage, retourner à sa vie quotidienne, rendre
les chevaux à leur pré et se séparer d’eux alors qu’on étaient si bien ensembles…

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